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Télécoms : l’arrivée d’Android dans les box suscite la controverse chez les opérateurs

Après SFR, Bouygues Telecom va bientôt commercialiser sa box Android. Orange et Free restent opposés à faire entrer Google dans leur pré carré.

SFR a-t-il ouvert la boite de Pandore en invitant dès novembre 2013 Google dans une box ? C’est ce dont est convaincu Maxime Lombardini, le patron de Free, qui évoquait le sujet la semaine dernière à l’occasion d’un colloque de l’Arcep. « Jusque là, les opérateurs contrôlaient leur box, décidaient ce qu’ils mettaient en tête de la page d’accueil. Demain, lorsque l’on aura un parc Android sur la France entière, ce sera Google qui pourra décider, depuis Mountain View, de la VOD qui peut être distribuée et des programmes qu’il souhaite mettre en avant », a-t-il déclaré.

Android, le système d’exploitation mobile de Google qui équipe plus de 80 % des smartphones vendus dans le monde, s’étend, de fait, un peu partout : tablettes, voitures, montres connectées, maison… et donc, désormais, les box des opérateurs télécoms. SFR a en effet fait preuve d’audace en devenant l’un des tous premiers au monde à introduire Android dans son décodeur. Jusqu’ici, seule la Corée avait osé franchir ce pas. L’opérateur français prévoit 100.000 abonnés d’ici à fin 2014. Il sera bientôt imité par Bouygues Telecom, dont la nouvelle box « Miami », tournant sous Android, sera commercialisée avant la fin de l’année.

Cela ne coûte pas un euro

L’intérêt ? Cela ne coûte quasiment pas un euro. Le système, qui propose à l’abonné un accès à un écosystème d’applications très riche (lire ci-contre), est en effet gratuit. Seuls quelques aménagements en termes de développement logiciel sont nécessaires. De quoi séduire un opérateur comme Bouygues Telecom, qui cherche à casser les prix pour s’imposer dans le fixe. La box Miami sera intégrée dans des forfaits à moins de 30 euros.

« Android est un monde ouvert qui propose les toutes dernières applications innovantes à avoir sur son écran TV, que SFR ne pourrait pas faire seul. C’est un avantage compétitif », assure Guillaume Boutin, directeur marketing de SFR. D’après lui, « SFR reste maître de son univers qui n’est pas mêlé à celui d’Android ». L’utilisateur peut zapper d’un monde à l’autre. Même son de cloche chez Bouygues Telecom, où l’on n’a pas l’impression d’avoir vendu son âme. « Google nous offre la richesse de son système d’exploitation. Mais on garde la main sur l’expérience utilisateur, avec une interface à nous », confie Olivier Roussat, le pdg de l’opérateur, qui a travaillé avec la start-up française iFeelSmart pour réaliser une interface intuitive.

Orange et Free résistent à Android

Mais la médaille a son revers : en s’introduisant dans les box, Google investit la totalité de l’écosystème télécoms (logiciels…). Cela peut empêcher à terme l’émergence d’un système d’exploitation européen. Un peu comme Microsoft en son temps dominait les PC avec Windows, avant que la Commission européenne ne mette le holà. L’affaire est d’autant plus sensible que Google est déjà attaqué à Bruxelles pour des pratiques anticoncurentielles liées à Android. Il est soupçonné d’avoir exigé des fabricants qui ont adopté Android qu’ils ne préinstallent pas sur leurs terminaux des applications ou des services concurrents de ses propres logiciels (moteur de recherche, boutique d’application…)

Tous les opérateurs français n’ont cependant pas cédé aux sirènes d’Android. Orange et Free, qui doivent bientôt dévoiler leurs nouvelles box, n’ont pour l’instant rien annoncé à ce sujet. « On a un vrai savoir-faire dans les box en France. Pourquoi s’embêter à aller voir ailleurs ? », s’étonne un expert du secteur. « Travailler à une box sous Android est un non sens. Nous devons rester maîtres de nos réseaux », estime Orange.

D’ailleurs, les points de friction avec Google ne manquent pas. Stéphane Richard, le patron de l’opérateur historique, en a récemment parlé à Larry Page, cofondateur de Google, de passage à Paris. « Il y a un sujet qu’on appelle la proxification : une technique qui permet d’encrypter le trafic entre les serveurs de Google et le client final. En principe sous prétexte de sécurité. Mais en réalité c’est une technique qui a pour effet de désintermédier complètement l’opérateur final que nous sommes. C’est un vrai problème. Cela peut nous empêcher d’exister dans Internet, de proposer nous-mêmes des choses », a-t-il expliqué. Le débat est loin d’être clos.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0203858867020-telecoms-larrivee-dandroid-dans-les-box-suscite-la-controverse-chez-les-operateurs-1053578.php?DG6zJ0qBZak2YMHQ.99

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