Accueil - ACTUALITE - GOUVERNANCE SYNDICALE DU SENEGAL, DE L’INDEPENDANCE A NOS JOURS DU SYNDICALISME RESPONSABLE ET/OU AUTONOME A L’EMIETTEMENT DES CARTELS

GOUVERNANCE SYNDICALE DU SENEGAL, DE L’INDEPENDANCE A NOS JOURS DU SYNDICALISME RESPONSABLE ET/OU AUTONOME A L’EMIETTEMENT DES CARTELS

Le syndicalisme a toujours joué un grand rôle dans la vie politique et sociale du Sénégal. Si Senghor a mené une véritable politique de répression contre les syndicalistes qui lui tenaient tête, Abdou Diouf a autorisé quant à lui tout les partis politiques et simultanément les syndicats se développent. Mais en gros, le syndicalisme dit responsable ou de participation prédomine devant les organisations autonomes qui ne trouvent leur pleine mesure que sous Me Wade. En contrepartie, un véritable émiettement du mouvement syndical s’opère au Sénégal, surtout au cours du règne libéral et de l’explosion des revendications professionnelles.

Une fois au pouvoir en 1960, Senghor avait demandé aux syndicats de se reconvertir et de revenir à leur rôle naturel qui est de défendre le pouvoir d’achat de ses membres. Dans la mouvance, il mène une politique combinant répression contre ceux qui lui tenaient tête et mainmise renforcée sur la centrale syndicale contrôlée par son parti. Ce processus culminait au niveau politique, en juin 1966, où la seule organisation politique légale était désormais le parti au pouvoir. Il en allait de même au niveau syndical où tous les syndicats fusionnèrent en avril 1967 sous le nom d’Unts (Union nationale des travailleurs du Sénégal). Officiellement, tout travailleur membre du parti devait obligatoirement être membre de l’Unts, et tout membre de l’Unts ne pouvait pas adhérer à un autre parti.

Mais la constitution d’une centrale syndicale unique avait eu l’effet inverse de celui escompté par le pouvoir. En fait, la nouvelle centrale comprenait de nombreux opposants politiques militants dans des partis clandestins. En outre, cet afflux des travailleurs non membres du parti au pouvoir ne manqua pas d’influer sur l’orientation de l’Unts : elle ne tarda pas à dénoncer la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs. Cette radicalisation du mouvement syndical trouva pour finir un terrain favorable à la faveur de la contestation des élèves et des étudiants à partir de mars 1968. Le régime de Senghor réprima sévèrement la rébellion. L’Unts est dissoute et une nouvelle centrale syndicale mise sur pied sous le nom de Cnts. Celle-ci fut directement intégrée dans le parti au pouvoir. Le syndicalisme autonome refit surface avec l’ouverture démocratique consacrée dans les années 1974. Le Sudes est créé en 1976, avec des dirigeants presque tous membres d’organisations politiques clandestines.

A son arrivée au pouvoir, Abdou Diouf se lance dans un mouvement dynamique d’ouverture politique et de permissivité vis-à-vis de la liberté syndicale. En parallèle aux partis politiques qui proliférèrent rapidement, de nombreux syndicats autonomes se constituent. Conséquence : plusieurs syndicats se désaffilièrent de la Cnts, comme au niveau des Ptt et des transports en commun de la région de Dakar. Mais, dans son fond, le champ syndical reste marqué par le syndicalisme dit responsable ou de participation. Incarné par la plus grande centrale de travailleurs du pays, la Cnts dirigée par Madia Diop, ce modèle de syndicalisme accompagnera tout le règne d’Abdou Diouf. Quoiqu’il ne put pas empêcher la grande grève de la Sutelec qui ébranla profondément le parti au pouvoir en 1998.

HEURS ET LUEURS DU SYNDICALISME POST-ALTERNANCE

Avec la fin des 40 années de pouvoir socialiste, le paysage social a été remodelé en grande partie. Lors de son congrès de novembre 2001, la Cnts se désaffilie du Ps. C’est le chant de signe de l’époque senghorienne dans le mouvement syndical. Me Wade s’évertue alors à prendre le contrôle de la centrale syndicale. Son objectif, simple, était de reproduire à son profit la politique de domestication du syndicalisme mise en œuvre pendant 40 ans par ses prédécesseurs socialistes. Le résultat fut, d’une part, la cassure de la Cnts, lors du congrès de 2001 et, d’autre part, la création de la Cnts-FC, en janvier 2002.

Ndeye Aminata CISSE

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