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DÉCLARATION DU SYNDICAT NATIONAL DES TRAVAILLEURS DE SENTEL/TIGO (SNTS)

SYNDICAT NATIONAL DES TRAVAILLEURS DE SENTEL/TIGO (SNTS)
Marche Contre l’Externalisation du Coeur de Métier Obélisque-RTS 23 mai 2015
DECLARATION DU SECRETAIRE GENERAL
L’Externalisation (ou Managed Services en anglais) se pratique au Sénégal depuis quelques années.
Elle consiste à confier une partie de ses activités à une entité tierce et se limitait uniquement à des
domaines secondaires de l’entreprise comme le gardiennage, le nettoyage et l’entretien.
Or telle qu’elle veut être pratiquée dans le domaine des télécommunications, concerne le coeur de
métier qui, par définition est : « le domaine d’activité principale d’une entreprise pour lequel ses
compétences sont avérées ».
Pour le cas spécifique de SENTEL GSM/TIGO, l’Etat a gracieusement concédé une licence dont
l’objet général est : «Construire, installer, entretenir, faire fonctionner, exploiter des réseaux de
télécommunications ouverts au public et fournir des services de télécommunications.». Ce dernier
veut transférer la responsabilité de l’exploitation et de la maintenance de son réseau à un de ses
équipementiers (ERICSSON) ainsi qu’une partie de son personnel technique de manière unilatérale.
Ce fléau touche aujourd’hui l’ensemble du secteur des TIC (Cas SONATEL). Même si cette pratique
tend à se généraliser dans certains pays, principalement d’Afrique, elle pose un ensemble de
problèmes :
– La précarité de l’emploi : Tout le personnel hérité dans le cadre de cette externalisation ne
continuera pas dans son intégralité avec le nouveau repreneur pour des contraintes de
rentabilité;
– L’exportation (délocalisation) des emplois : En mutualisant les ressources humaines avec la
mise en place de Centres d’Opérations délocalisés. Dans cette optique de recherche effrénée
de profit, la préférence des repreneurs va à une main d’oeuvre bon marché provenant de
l’Inde, de la Chine, du Pakistan etc…
– Le problème d’insertion des nouveaux diplômés : La délocalisation entraine le
bouleversement de l’écosystème des télécommunications. Les nouveaux diplômés auront un
choix très restreint, voire une absence totale de débouchés sur le marché du travail. Par
conséquent, l’avenir des écoles de formations spécialisées dans les TIC risque d’être
hypothéqué;
– L’insécurité des données personnelles : Les données personnelles peuvent être manipulées à
partir de tout pays de avec la mutualisation des ressources des équipementiers. Cette
situation pose un problème de sécurité et de souveraineté nationale.
Pour mieux réglementer cette pratique, le Parlement du Niger a récemment voté à l’unanimité la
modification de la loi portant sur la Réglementation des Télécommunications. Ce changement vise
à obliger les personnes physiques ou morales qui reprennent une activité, dans le cadre de
l’externalisation, à la prise d’une licence encadrée par un cahier de charges.
Il sera judicieux que le Parlement sénégalais prenne les devants en s’inspirant de l’exemple du
Niger.
Nous interpelons également l’Etat afin de préserver le secteur émergent et très porteur des
télécommunications. Pour ce faire, il doit encadrer davantage toute pratique susceptible de
fragiliser et de précariser l’emploi au Sénégal.
Nous attirons finalement l’attention de tous les citoyens soucieux du devenir et de l’avenir de ce
continent que ces pratiques que l’on revêt sournoisement de l’habit du partenariat et de la
coopération internationale et qui ne sont rien d’autre qu’une nouvelle forme de colonisation
économique.
Le Secrétaire Général

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